Mario Dumont, chef de l'ADQ
un éclairage brillant sur le monde de la communication politique
Février 2004
Mario Dumont, chef de l'Action démocratique du Québec, s'est exprimé sur la communication politique dans le cadre des soirées Les Grands Communicateurs, le 25 février dernier, à l'auditorium de la Téluq, à Montréal, et en vidéoconférence avec Québec.
À mille lieues d'un discours partisan, Mario Dumont a partagé avec franchise et sincérité son expérience de la communication politique avec un auditoire de spécialistes réunis pour l'occasion.
Cela dit, dès ses premières armes au sein de la Commission jeunesse du Parti Libéral, il prend pleinement conscience de l'importance des médias. Après son élection à l'Assemblée nationale, il découvre les rouages de la tribune de presse, ce groupe de journalistes parlementaires qui recueillent toutes les déclarations des députés. Il faut composer avec ses règles non écrites pour s'assurer que l'information sera transmise correctement.
Mario Dumont est longuement revenu sur la dernière campagne électorale, pendant laquelle, durant un mois, le parti doit faire passer son message ou développer des thèmes sur lesquels il travaille depuis des années. Mais bien souvent, l'attention des journalistes est détournée vers un fait insignifiant : un autobus qui s'est égaré, un abat aux quilles réussi par le candidat... ces images très fortes symboliquement sont des éléments de la campagne, mais n'ont rien à voir avec la politique.
À propos de sa défaite, Mario Dumont a dit s'être senti comme un coureur cycliste qui ouvre la voie, avec ses adversaires dans sa roue prêts à le dépasser à la moindre faiblesse. Et ces derniers ont attaqué sur tous les fronts.
D'abord en exposant en plein jour des thèmes secondaire pour l'ADQ, comme le mode d'imposition unique. Loin d'être un point central du programme, cette notion était simplement évoquée dans le cas d'une vaste réforme fiscale à long terme. Mais le PQ et le parti Libéral l'ont mis au devant de la scène, piégeant l'ADQ qui s'est retrouvée au pied du mur.
Ensuite, ses adversaires ont essayé de redéfinir l'identité de l'ADQ pour le faire paraître comme un parti mal préparé à gouverner. Ça a tellement bien marché que le parti Libéral s'est engouffré dans cette brèche pour en faire son slogan, avec le succès que l'on connaît.
En conclusion, Mario Dumont regrette que les idées politiques passent trop souvent « à la trappe » parce que le jour qui était prévu pour en parler, les journalistes sautent sur un fait insignifiant. Pour pouvoir parler de ce qui nous importe vraiment, il va falloir que nous imposions notre agenda lors des points de presse, a-t-il conclu.
Pour visionner l'intégral de la conférence de monsieur Dumont (88 minute) :
Photos : Tayaout-Nicolas, photographiste
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